dimanche 12 novembre 2017

Paroles retrouvées de Jean Narrache

Émile Coderre, alias Jean Narrache (1893-1970)

Bien que ses oeuvres aient été produites il y a plusieurs générations et qu'il soit mort il y a près d'un demi-siècle, Jean Narrache est resté un nom familier chez les Québécois de tous âges, de nombreux jeunes d'aujourd'hui en ayant entendu parler au moins dans leurs cours de littérature au collégial. 

Jean Narrache est le nom de plume d'Émile Coderre, né à Montréal en 1893 et mort dans cette même ville en 1970, qui gagna sa vie comme petit pharmacien de quartier. 

Dès qu'il se manifesta en tant que poète au franc-parler populaire, les gens du peuple s'attachèrent à lui car ils se reconnaissaient dans les écrits et paroles de cet esprit caustique et solitaire qui ne s'en laissait accroire ni par les élites et coteries ― y compris littéraires ―, ni par les politiciens de tous bords, ni par les chapelles idéologiques quelles qu'elles puissent avoir été de son temps. On peut notamment l'entendre de vive voix ICI, alors qu'il donnait une chronique à la radio, en 1946. 

Pour approfondir nos connaissances sur la vie et l'oeuvre de cet écrivain aussi pittoresque que brillant, on peut aussi plonger dans l'excellente et passionnante biographie que Richard Foisy lui a consacrée et qu'il est encore possible de commander chez tout bon libraire : 


Richard Foisy est l'auteur de cette excellente
et captivante biographie de Jean Narrache,
publiée en 2015 (informations ICI).

Jean Narrache s'est donc surtout fait connaître pour avoir écrit et parlé ce qu'il est convenu d'appeler « le langage du peuple »
. Mais ce n'était nullement le fruit de la paresse intellectuelle (qui de toute façon ne produit que des fruits pourris) : cet écrivain consciencieux, qui était tout le contraire d'un médiocre, avait acquis une vaste culture littéraire et intellectuelle, qui servit de socle à la production de ses divers écrits et poésies, dont chaque vers était minutieusement ciselé, chaque ligne rigoureusement travaillée. Qu'on ne se demande pas pourquoi ses oeuvres, résultats d'un labeur si méticuleux, ont si bien su connaître le succès et même traverser le temps. 

Le fait que le « langage populaire » de Jean Narrache s'appuyait sur une  riche et ample culture est précisément ce qu'on constate de manière particulièrement frappante en parcourant l'entrevue que l'on peut lire ci-dessous, dans laquelle, en 1939, le poète se confie à une jeune journaliste littéraire alors au début de la vingtaine, Adrienne Choquette. On y trouve un enseignement qui conserve toute sa pertinence à notre époque où l'inculture et le nivellement par le bas, ces pestes qui tuent notre nation à petit feu, sont chéris et alimentés par les semi-lettrés qui nous tiennent lieu d'élites intellectuelles, ou par les démagogues incultes et analphabètes politiques (à la Rambo par exemple) qui se font passer pour les représentants du « peuple » qu'ils sont surtout voués à maintenir dans l'ignorance et l'assujettissement.

Il vaut aussi la peine, d'entrée de jeu, de découvrir qui était l'interlocutrice de Jean Narrache, Adrienne Choquette, une native de Shawinigan qui devint une écrivaine remarquable, ayant notamment été la principale précurseure au Québec de la nouvelle comme genre littéraire, mais qui est morte beaucoup trop tôt, à 58 ans, en 1973. Ces Glanures vous offrent donc ci-dessous, préalablement à l'entretien avec Jean Narrache, le texte d'un article publié dans le journal Le Soleil à l'occasion du décès d'Adrienne Choquette.

Depuis 1981, le Prix littéraire Adrienne-Choquette souligne d'ailleurs à chaque année l'excellence du travail d'un auteur québécois de nouvelles. On peut trouver assez aisément les oeuvres d'Adrienne Choquette en librairie d'occasion, quoique l'une des ses oeuvres, Laure Clouet, est disponible en format poche dans toute bonne librairie (informations ICI). 

Le dialogue entre Adrienne Choquette et Jean Narrache dont vous pouvez prendre connaissance ici-bas est donc paru en 1939, dans un recueil d'entretiens avec plusieurs autres écrivains québécois du temps, et dont le titre était Confidences d'écrivains canadiens-français, aux éditions du Bien Public, à Trois-Rivières. L'ouvrage fut réédité en 1976, trois ans après le décès de l'auteure, aux Presses Laurentiennes. Pour les intéressés, il en reste de rares exemplaires sur le marché, dont quelques-uns peuvent être commandés ICI

Compte tenu du fait que peu de gens connaissent les sources intellectuelles et littéraires de Jean Narrache, de même que l'existence de l'entretien qu'il accordait à Adrienne Choquette il y a plus de trois quarts de siècle, il devient donc possible de parler de « paroles retrouvées » puisqu'elles sommeillaient depuis tout ce temps dans un oubli quasi total. 


Donc, voici ces Paroles retrouvées de Jean Narrache, précédées d'une brève présentation de l'écrivaine qui les a recueillies, et qui, elle aussi, mérite qu'on se souvienne davantage d'elle : 

Adrienne Choquette (1915-1973)
(Source : quatrième de couverture de l'édition de 1976
de Confidences d'écrivains canadiens-français).

Mort d'Adrienne Choquette : 
le dernier mot d'un écrivain
(Le Soleil, 20 octobre 1973)


L'écrivain Adrienne Choquette, qui est décédée samedi dernier à Notre-Dame-des-Laurentides, a eu une carrière diversifiée, à la fois à la radio, en journalisme, comme écrivain de fiction et comme publiciste à l'emploi du gouvernement du Québec. 

Née en 1915 à Shawinigan, elle fit ses études au couvent des Ursulines de Trois-Rivières. En 1934, elle s'engagea au journal Le bien public, de Trois-Rivières. On la retrouve ensuite en 1937 au poste CHLN où elle produisit l'émission Variétés radiophoniques, ainsi que des radio-romans jusqu'en 1942. Cette année-là, elle commence à cumuler différentes fonctions telles celles d'animatrice, d'annonceur, de producteur et de responsable de la publicité à cette station de radio, jusqu'en 1948. 

C’est alors qu'elle entrera au ministère de l'Agriculture, à Québec, pour y occuper le poste de directrice et de publicitaire de la revue Terre et Foyer,  qu'elle occupera de nombreuses années. 

Elle fut amenée au cours de sa carrière à voyager un peu partout au Canada pour y prononcer des conférences sur la littérature et autres sujets d’intérêt. En 1939, elle a recueilli des Confidences d’écrivains canadiens-français qu'elle publia aux Editions du Bien Public, à Trois-Rivières. 

Elle attendra ensuite neuf ans avant de faire éditer, en 1948, un roman intitulé La coupe vide, aux Editions Pilon. Suivront en 1954 un recueil de nouvelles intitulé La nuit ne dort pas, aux éditions de l'Institut litté­raire de Québec, et enfin, Laure Clouet, roman qui est considéré comme son oeuvre maîtresse. Alors que son premier roman, La coupe vide, analysait le trouble que sème dans l'âme de quatre adolescents une femme séduisante, Laure Clouet révélait un monde contraire, celui du bouleversement qu'éprouve une vieille fille en découvrant l'amour réciproque que se portent deux jeunes mariés. 

Adrienne Choquette a de plus écrit plusieurs nouvelles et articles pour les revues et périodiques Amérique française, Les cahiers de l'Academie canadienne-française, Carnets viatoriens, Liaison et La revue dominicaine

Elle avait mérité le Prix David en 1954, avait été Grande Lauréate du Jury des Lettres en 1961, et recevait le premier prix du Salon du Livre de Montréal, en 1962, pour les oeuvres de fiction. Son roman Laure Clouet lui apporta la distinction dans cette catégorie. 

HOMMAGE 

Son amie, madame Simone Bussières, qui est l’exécutrice testamentaire de l'écrivain, a fait parvenir au Soleil cette semaine un court texte inédit d'Adrienne Choquette où elle se situait au plan de l’expression litté­raire. Nous le reproduisons ici : 

« À dix-huit ans, je rêvais d'écrire beaucoup de livres sans les signer. Non pas que mon nom inscrit sur la couverture gênât en quelque manière ma liberté d'expression, mais à cause du don total que représentaient à mes yeux la vie et l'oeuvre de l’écrivain. Je voyais celui-ci en effet comme le glorieux dépositaire de tous les sentiments humains dont il avait à répondre, de telle sorte que ses livres devinssent le bien commun où chaque homme, à son gré, puiserait sa part d'amour et d'espérance, de beauté et de connaissance. 
Je crois encore qu’un livre est d'abord et avant tout un accompagnement humain, que c'est là sa profonde justification. Mais l’écrivain m’apparait maintenant tel un mendiant parmi les mendiants ses frères ». ― Adrienne Choquette

Adrienne Choquette, vers la fin de sa vie.
(Source : Le Soleil, 20 octobre 1973)

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Entretien avec Jean Narrache

par Adrienne Choquette

L'ouvrage d'Adrienne Choquette dans
lequel est publiée l'entrevue ci-dessous
d'Émile Coderre, alias Jean Narrache.
(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Jean Narrache, dans les années 1920.
(Source : Jaimelefrancais.org)

Il paraît qu'il est désormais impossible de les séparer, car au dire même de Jean Narrache, « lui-même est si gueux qu'il n'a pas même une carcasse à lui tout seul ». Il partage donc non seulement la maison, la table et quelques amis d'Émile Coderre, mais on les voit maintenant dans le même vêtement et, mieux encore, dans la même âme ! Ça, me direz-vous, c'est un peu fort ! Mais non. Pour qui connaît ces magiciens réunis en un seul, c'est une bagatelle de rien du tout. Je ne vais pas me mettre en frais d'expliquer ce truc-là, par exemple, parce que si je suis forcée d'y croire, je ne suis pas tenue de le comprendre... vous comprenez ? 

Bonjour Monsieur Coderre

― Bonjour Mademoiselle. 

Je vous prie instamment de me dire à quoi vous attribuez votre vocation littéraire...

― Hum ! Je veux bien. Mais d'abord, est-ce que j'en ai une ?

Comment !

― Mais oui. Quand on ne parle pas en « tarmes », est-ce que la vocation littéraire, ça ne s'appelle pas tout simplement la manie de barbouiller du papier ? 

― Avec des théories pareilles, vous allez scandaliser vos admirateurs !

― C'est votre faute aussi. Pourquoi embarrasser un pauvre diable avec une question comme celle-là ! Voyez-vous, dans ma carcasse, nous sommes deux. Eh oui ! Jean Narrache est si gueux qu'il n'a pas une carcasse à lui tout seul !!! En tout cas, gentille curieuse, laissez-moi vous dire qu'Émile Coderre attribue sa vocation littéraire à... l'hérédité ! Du côté paternel, mes ascendants étaient des poètes et même des dramaturges. Ça vous étonne ?

Pas du tout. 

― Oui, ça vous étonne. Eh bien ! un jour que vous serez bien sage, je vous montrerai les cahiers de mon père où des poésies fleurissent à l'ombre des formules chimiques et des recettes de sirop pour le rhume ! 

― Je flaire déjà les chefs-d'oeuvre en question ! 

― Du côté maternel, mes ascendants étaient musiciens, voire même organistes. Vous avez sans doute entendu parler des Marchand, organistes à Trois-Rivières, à Valleyfield, à St-Jérôme, à Longueuil, à Champlain. Par ma mère, je suis lié à ces Marchand. Qui sait si je ne suis pas allié à Clément Marchand

Je parie qu'il en serait ravi ! 

― Jamais de la vie ! Ce brave Clément, quelle tuile ce serait pour lui de découvrir pareille catastrophe! ... J'aurais donc hérité de ces ascendants l'émotion artistique et le besoin d'exprimer cette émotion. Évidemment, si je remonte plus haut dans mon ascendance, j'arriverai à mes premiers parents et aux vôtres : Adam et Ève. Ces pauvres vieux ! n'ont-ils pas eux aussi senti l'émotion artistique et le besoin de l'exprimer ? Surtout, après que notre mère Ève se fut aperçue que le serpent lui avait fait des promesses de... député, et après que le bonhomme Adam se fut flanqué une indigestion de pommes vertes ! ... Quant à Jean Narrache, il naquit du heurt d'Émile Coderre, rêveur, songe-creux, romantique et romanesque, avec la réalité de la vie de tous les jours, avec la réalité froide comme le nez d'un chien. Lui aussi, le pauvre diable, il se sentit pris d'émotion artistique et d'émotion tout court à la vue de la misère de ses semblables et de la sienne. Il voulut donc exhaler sa plainte qui n'était en somme que l'écho de celle de milliers d'autres. 

Et Jean Narrache, en exhibant sa misère, a aussi jeté à ses frères malheureux son grand coeur d'apôtre avide de consoler...

― Si vous voulez. Mais parlons maintenant des maîtres de Coderre. Il y a trente ans, c'est-à-dire bien avant vous, Mademoiselle... dites ?

Rien ou presque : je me demandais si c'est à Jean Narrache ou Émile Coderre que je dois cette gentillesse gratuite sur mon âge...

― Jean Narrache n'a guère l'habitude de la galanterie, vous savez. Donc, Émile Coderre, il y a trente ans, trouvait comme les autres que Musset, Lamartine, Sully-Prudhomme, Verlaine, Samain, Rivoire, Rostand & al. étaient encore « bien portés ». Les poètes canadiens-français du temps s'en inspiraient bien plus que Leconte de Lisle dont ils se croyaient naïvement les disciples. Ces poètes français et les poètes canadiens-français d'alors et d'un peu plus tard, Jean Charbonneau, Lozeau, Ferland, Beauregard, Paul Morin et quelques autres furent les dieux de mon ciel. De ce premier contact naquirent, vers 1912, presque tous mes vers des Signes sur le sable... Mais vers 1914-15, je fis connaissance avec la vie, la vie réelle et avec Léon Bloy, d'Aurevilly, Jean Richepin (La Chanson des Gueux) et Jehan Rictus. Puis, je relus mieux Baudelaire, François Villon et... l'Ecclésiaste

L'Ecclésiaste ! Allons bon, mais qu'est-ce que l'Ecclésiaste vient faire ici ? 

― Ma chère enfant, c'est le plus moderne des écrivains... malgré son grand âge ! Vous en doutez ? Écoutez-le parler tout seul des gueux : "Laboravit pauper in diminutione victus, et in fine inops fit". Ma vieille bible française, traduction Lemaistre de Sacy, m'apprend que cela signifie :  « Le pauvre a travaillé sans avoir de quoi vivre et à la fin est tombé dans une extrême nécessité ». N'est-ce pas là de l'actualité dernier cri ? 

Je m'incline...

― Voyons la troisième question : « Quels sont, à votre avis, les écrivains morts ou vivants, français ou canadiens-français, qui ont fait école chez nous ? ». Mademoiselle, je vous avoue que j'ai bonne envie de vous dire que je n'ai pas d'avis !

Oh ! voilà qui m'avancerait à reculons ! Mais faites un effort, Monsieur Coderre, il le faut ! 

― Eh bien, alors, franchement, je ne vois pas à proprement parler de chefs d'école au Canada français depuis vingt ans. Nos poètes de valeur ne semblent pas avoir fait école, j'entends d'une façon sérieuse. Mais chacun d'eux a sa personnalité bien à lui et a su marquer notre littérature. Nommons au hasard des dates, des âges et des valeurs respectives : Paul Morin, René Chopin, Albert Ferland, Lozeau, Robert Choquette, Desrochers, l'inimitable et si profondément poète Jovette (au fait c'est la plus poète de tous et de toutes !). Clément Marchand et, tout près de nous, Roger Brien qui cherche encore sa voie ! Ah ! j'oubliais Blanche Lamontagne et plus loin, le douloureux Émile Nelligan. Vous me pardonnerez de ne pas me pâmer devant certaines fausses barbes. Mais paix à leurs cendres ! 

Il y a aussi les romanciers...

― Parmi nos romanciers canadiens-français, j'entends nos romanciers de métier, en oublierais-je beaucoup en ne vous nommant que Claude-Henri Grignon, Harry Bernard, Jean-Charles Harvey, Léo-Paul Desrosiers, Michelle Le Normand et Louis Hémon ! Ah ! oui, ajoutez ce bon Damase Potvin et l'auteur tout nouveau de Menaud Maître Draveur. Oui ! et puis Moïsette Olier dont je viens de relire Étincelles. Je ne vous dis rien des auteurs français ; ils sont trop nombreux et puis, je laisse cela aux autres qui continueront cette enquête ! 

Parlez-moi donc de vos lectures, Monsieur Coderre.

― Bien sûr ! D'abord, je tâche de lire tous les bons auteurs français modernes, surtout ceux qui sont de l'Académie des Goncourt et ceux qui ne sont pas de l'Académie française. Ces derniers, sauf exceptions, me donnent la crampe. Je lis tout pêle-mêle, Mauriac, Bloy, Daudet, Giraudoux, Duhamel, Rachilde, Noailles, Rostand, Guillaume Apollinaire, Jacob, Richepin, Rictus, etc. Puis, je retourne aux éternels vieux bouquins qu'on relit sans cesse sans jamais se lasser : Racine, Corneille, La Fontaine, celui des Contes et Nouvelles. Je comprends que c'est celui des Fables aussi, mais chacun son goût ! Et puis il y a toujours le pôvre escholier François Villon, et Lesage, et Ronsard, et d'Aubigny, et Brantôme quoi ! Et que d'autres ! D'ailleurs, à mon âge, comme dirait l'autre, on ne lit plus, on relit ! Ah ! et puis, il y a les auteurs américains : Mark Twain, Edgar Poe, Sinclair Lewis, Dreisler, Van Loon & al. Puis les Anglais : Oscar Wilde, Browning, Swinburne, Bernard Shaw, Wells. Inutile de mentionner le papa Shakespeare et Milton, Roger Bacon et Samuel Pepys ; ça, c'est inévitable. 

Vous êtes sûr de n'oublier personne que vous regretterez de n'avoir nommé dès que j'aurai tourné les talons ? 

― Justement, j'ai omis de mentionner que je lis le bottin de Bell Téléphone et même La Presse. Inutile de vous dire que je lis Le Bien Public, Le Mauricien et même Le Nouvelliste ; c'est une chose entendue. D'ailleurs, Mademoiselle, je me résume en vous disant que je lis tout, sauf mes propres livres. 

C'est bizarre. Et pourquoi donc ? 

― Voyons, est-ce qu'un pâtissier va se mettre à manger ses propres tartes ? Et quel hôtelier ne va pas dîner chez un de ses confrères quand il veut prendre un bon repas ? 

Quitte à se dire en revenant qu'il eût mieux mangé chez lui...

― Cela peut arriver, en effet !

Entretien tiré de : Adrienne Choquette, Confidences d'écrivains canadiens-français, Trois-Rivières, Les Éditions du Bien Public, 1939, p. 49-53.
Jean Narrache, par Jean Palardy,
dans l'édition originale de
Quand j'parl' tout seul (1932)

Jean Narrache, vers 1960.
(Source : Histoire du Plateau Mont-Royal)

Dédicace de Jean Narrache dans son livre Histoires du Canada. On y lit :
«À mon ami et client
Ovila Marcouiller, de Charette,
avec mes remerciements,
Jean Narrache.
Dans ce livre, je parle des bleus, des rouges... et même des
carreautés ! J'espère que cela vous amusera. J. N. »

(Collection Daniel Laprès ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)
Quatre parmi les livres de Jean Narrache : Histoires du Canada (1937) ; Bonjour les gars (1948) ;
J'parle tout seul quand Jean Narrache (1961) ; Jean Narrache chez le diable (1963). 

(Cliquer sur l'image pour l'arandir)
Cette édition récente d'une anthologie d'oeuvres
de Jean Narrache est disponible dans toute
bonne librairie. Pour informations, cliquer ICI

Notice parue dans la page nécrologique de La Presse, 
le 9 avril 1970. On remarque que le décès est annoncé
après que les funérailles aient eu lieu. De plus, il ne semble 
pas que les journaux firent alors d'autre mention de la disparition 
de l'écrivain, qui, vu son caractère peu friand des éloges 
vénaux, surtout quand ils sont funèbres et viennent de coteries, 
a probablement tenu à ce que son décès ait lieu sans 
aucune publicité ni « fla-fla », comme il aurait sans doute dit.