mercredi 3 mars 2021

Expérience mystique à la cime des caps des Grandes-Piles (1913)

L'un des caps des Grandes-Piles, vu depuis Saint-Jean-des-Piles
Entre les deux villages coule la rivière Saint-Maurice

(Photo de Fernand Baboulène : La Presse, 18 juillet 1908 ;
Photo des caps de Grandes-Piles : 
Tourisme Mauricie)




    En 1913 parut à Québec un roman fort bien écrit et adroitement conçu portant le titre de Marie-Anna, la Canadienne (précisons d'entrée de jeu qu'à cette époque, "canadienne" signifiait une descendante du peuple de Nouvelle-France, le nôtre). Son auteur, Fernand Baboulène, signe sous un nom de plume, « Floris Bluther ». L'action se déroule au bucolique village de Saint-Jacques-des-Piles (aujourd'hui Grandes-Piles), sur les bords de la rivière Saint-Maurice et qui, avec Saint-Jean-des-Piles juste en face, constituent deux des plus beaux villages du Québec.

    Mais qui est Fernand Baboulène ? Les informations (fiche militaire, voyez ICI) que nous a aimablement transmises M. Frédéric Grünert après qu'il eusse lu la présente glanure nous permettent de faire, quelques heures à peine après notre publication, une mise à jour sur la biographie de notre personnage. Nous apprenons donc que Fernand Baboulène est né dans le quinzième arrondissement de Paris le 26 juillet 1885, et qu'il était le fils de Pierre-Léon-Germain Baboulène et de Fernande-Léonie Clogenson (qui divorceront en 1903). Il avait trois sœurs. Sa fiche militaire donne de lui cette description physique : 1m63 (5 pi. 7 po.), cheveux châtains, yeux châtains-clairs, front moyen, menton pointu, visage opale.  

    Nous n'avons aucune information sur la date et les circonstances de son décès. Il avait donc 20 ou 21 ans tout au plus lorsqu'il est arrivé au Québec, où il vécut, surtout à Montréal, de 1906 à 1914. Les mêmes informations transmises par M. Grünert indiquent que Baboulène a été déclaré "insoumis" par le service militaire français. C'est probablement pour cette raison qu'il est venu s'établir de notre côté de l'Atlantique.

    Le mystère plane quant aux circonstances de son départ de notre pays, en 1914. Plus bas, on peut lire un extrait du livre de Fabien Larochelle qui affirme que Baboulène serait retourné en France dès le déclenchement de la première guerre mondiale afin de s'enrôler dans l'armée de son pays. Après, toujours selon M. Larochelle, nous perdons sa trace et il est présumé disparu de guerre. Sauf que le dossier militaire français de Baboulène n'indique rien à l'effet qu'il se soit enrôlé, du moins dans l'armée française, ou qu'il ait corrigé son statut d'insoumis. Il faudra donc pousser plus loin l'investigation sur ces aspects nébuleux de la biographie de Baboulène.

    Quoi qu'il en soit, comme on le découvre dans les journaux de l'époque (voir le dossier assez volumineux au bas de la présente glanure), Fernand Baboulène, artiste-peintre, sculpteur, décorateur, homme de lettres aussi, a vite su s'insérer et jouir d'une reconnaissance enviable dans la vie sociale, médiatique, artistique et culturelle montréalaise. 

    D'abord, ses articles étaient favorablement accueillis dans les pages de plusieurs journaux, dont Le Devoir, L'Action (de Jules Fournier), Le Nationaliste (d'Olivar Asselin), La Presse, Le Canada, etc. On sait aussi qu'il fréquentait l'élite canadienne-française du temps, ayant notamment été le commensal à la bonne table montréalaise du Kerhulu, rue Saint-Denis, de l'universitaire Édouard Montpetit et du journaliste Louis Dupire, du Devoir

    Mais surtout, Fernand Baboulène se révèle comme un important pionnier de l'enseignement des arts décoratifs chez nous. Il est ainsi le fondateur du cours d'arts décoratifs à l'École polytechnique de Montréal, qui alors était située rue Saint-Denis, près de la rue Sainte-Catherine. Cette innovation académique fut largement soulignée dans les journaux de l'époque (voir dans le dossier ci-dessous). 

    Baboulène s'est également investi lui-même en tant qu'artiste et décorateur. Il a notamment contribué à la décoration d'églises, dont celle de la paroisse Saint-Jean-Baptiste de Montréal, rue Rachel, et de restaurants, dont l'alors célèbre Kerhulu, qui était fréquenté par l'élite canadienne-française. Il a peint divers tableaux qui, dit-on, révèlent un talent sûr. De plus, il a écrit quelques articles fort remarqués sur l'apparence générale de Montréal, qui était selon lui assez hideuse (le pauvre, s'il voyait l'affreuse laideur bétonnée du Montréal d'un siècle plus tard...), et plusieurs des nôtres partageaient son point de vue à cet égard (voir également le dossier ci-dessous).

    On sait également, comme on l'apprendra plus bas dans la présentation du roman Marie-Anna, la Canadienne par l'historien de Shawinigan Fabien Larochelle, que Baboulène a passé du temps à Trois-Rivières, où il se lia d'amitié avec une famille de notables locaux, de même qu'à Shawinigan et aux Grandes-Piles, où se déroule la trame de son roman. 

    En somme, nous pouvons percevoir à travers les informations que nous avons pu recueillir sur Fernand Baboulène qu'il était un jeune homme fort intelligent, cultivé, dynamique, doté d'un entregent qui lui suscitait de nombreuses amitiés, et qu'il a su prendre rapidement sa place dans les élites sociales et culturelles de ce qu'il considérait être sa patrie d'adoption. Et comme on le constate dans ses articles, il s'incluait d'emblée dans notre "nous" canadien-français.

    Ne serait-ce donc que pour que l'on se rappelle de la contribution de Fernand Baboulène à la vie artistique et culturelle de notre nation, notamment pour son rôle de précurseur de l'enseignement chez nous des arts décoratifs, il vaut la peine de dédier la présente glanure à sa mémoire. 

    Commençons d'abord par une présentation du roman Marie-Anna, la Canadienne et de son auteur par Fabien Larochelle, qui, dans son monumental ouvrage Shawinigan depuis 75 ans, paru en 1976, raconte ce qui suit (une mise à jour de certaines informations colligées par M. Larochelle est toutefois nécessaire, voyez à cet effet notre présentation ci-haut) : 



    « Fernand Baboulène a dissimulé son nom véritable sous le pseudonyme de Floris Bluther. Qui ou quoi l'a incité à choisir ce pseudonyme à consonnance anglaise ? Il n'est pas possible de le savoir mais il est un détail qui attire l'attention : les initiales de son nom sont les mêmes que celles de son nom de plume.
    Ce roman de 302 pages nous présente quatre illustrations ou gravures qui sont l'œuvre de l'auteur. Il les signe d'ailleurs de son nom véritable en y ajoutant la date 1913. Le livre porte la dédicace suivante : Respectueusement dédié à Mademoiselle Marie-Berthe Gervais. C'est dans cette dédicace que porte tout l'intérêt de cette oeuvre d'imagination mais où il semble y avoir une part d'autobiographie. 
    M. Baboulène était un jeune homme dans la vingtaine lorsqu'il est arrivé au pays. Originaire de Paris, il avait profité d'une bonne éducation et d'une solide instruction. Érudit malgré son jeune âge, il était de commerce agréable et attachant. Doué d'un véritable tempérament artistique, il excellait aussi bien dans le dessin que la musique. Il était un bon pianiste et les tableaux qu'il a peints à Trois-Rivières nous révèlent son talent. 
    Pourquoi avait-il quitté son pays et sa famille ? Il n'a jamais été bien explicite à ce sujet avec ses amis. Il semble cependant qu'une querelle de famille l'avait amené à prendre la décision de s'expatrier. Quand il est arrivé au pays, il était pourvu d'une somme d'argent assez importante pour l'époque, soit l'équivalent de $ 1 500. Débarqué à Québec, il ne tarda pas à rejoindre Montréal où il loua un appartement. Il y fit bientôt la connaissance de deux jeunes étudiants, les frères Napoléon et Charles Gervais, fils du Dr Emery Gervais, de Trois-Rivières. Les trois jeunes gens se lièrent d'amitié et le jeune Baboulène fut bientôt accueilli et si bien qu'il multiplia ses visites et y fit même des séjours assez prolongés. Il était devenu l'ami chéri de la famille Gervais ; une vive amitié, peut-être même de l'amour l'attacha davantage à l'une des jeunes filles de la maison, Mlle Marie-Berthe Gervais. Il devait plus tard en faire l'héroïne de son roman, sous le nom de Marie-Anna.
    Au cours de ses séjours à Trois-Rivières, il eut l'occasion de venir en visite à Shawinigan, à quelques reprises. Ce fut sans doute pour accompagner la famille Gervais qui venait rencontrer les deux filles aînées qui, mariées, avaient suivi leurs époux. L'une d'elle, Irma, était l'épouse de M. J.-O.-S. Brunet, tandis que l'autre, Juliette, était celle de M. Napoléon Jacques, le maître de Postes. À la lecture de son roman, on pourrait croire que M. Baboulène avait travaillé dans notre ville ; il n'en fut rien. La description qu'il nous donne de Shawinigan, particulièrement du soubassement de l'église Saint-Pierre, nous indique néanmoins qu'il connaissait assez bien notre ville. 
    Durant son séjour à Montréal, le jeune Baboulène y fut professeur de dessin dans une grande école. Il paraît aussi qu'il a peint des tableaux pour quelques églises de la métropole. Toutefois, nous n'avons pu obtenir de détails plus précis sur ces deux aspects de ses activités montréalaises.
    Au début de 1914, il s'était rendu en Italie pour un voyage d'études afin de se perfectionner davantage  dans les cours qu'il donnait à Montréal. Lors de son retour, quelques semaines plus tard, la première Guerre mondiale se déclara alors qu'il était en mer. Dès son débarquement à Montréal, il mit ordre à ses affaires et, en bon Français qu'il était resté, il s'embarqua pour aller servir dans l'armée de son pays. Avant son départ, il écrivit une longue lettre à ses amis de Trois-Rivières en leur expliquant les motifs de son départ ; il souhaitait revenir bientôt en son pays d'adoption où il disait se trouver heureux 
    Une fois rendu en France, il écrivit quelques lettres dans les semaines qui suivirent et puis, soudainement, ce fut le silence le plus complet de sa part. Ses amis du Canada n'ont jamais pu savoir ce qu'il était advenu de lui ; ils présumèrent qu'il avait été une des victimes oubliées de ce sanglant conflit.
    L'héroïne du roman, Mlle Marie-Berthe Gervais, est demeurée célibataire jusqu'à son décès en 1959. C'était une femme de grande culture et très jolie par surcroît. Elle fut l'amie d'enfance de l'hon. M. Maurice Duplessis, qui lui conserva toujours son amitié. Il est arrivé à Mlle Gervais de servir de dame de compagnie à son ami Maurice à l'occasion de cérémonies officielles.
    Dans ce roman, l'auteur donne une sœur, du nom de Jeannette, à son héroïne. Cette Jeannette était justement la sœur de Mlle Marie-Berthe ; elle épousa M. Albert Destrempes, un ingénieur-contracteur. Ce M. Destrempes a exécuté des travaux à Shawinigan, principalement le premier pavage des 4e et 5e rues. Il exécuta des contrats ici et là dans la province et ensuite aux États-Unis, en Virginie, où il est décédé depuis quelques années. Sa veuve revint dans la maison natale à Trois-Rivières et elle y vécut jusqu'à son décès en 1968. ».

Extrait de : Fabien Larochelle, Shawinigan depuis 75 ans (1900-1975), Shawinigan, Québec, 1976, p. 409-410.


    Et maintenant, voici un extrait, que nous avons choisi pour la sublime beauté et l'élévation d'esprit qu'il recèle, de Marie-Anna, la Canadienne. Ce passage peut être classé parmi les plus belles pages de littérature inspirées par le décor naturel du Québec. Il s'agit plus précisément de la description par Baboulène de l'expérience, que l'on pourrait qualifier de mystique, de son ascension de l'un des caps des Grandes-Piles, pendant une aube brumeuse : 

Marie-Anna, la Canadienne, roman publié à compte d'auteur en 1913 sous
le nom de « Floris Bluther », nom de plume de Fernand Baboulène.
L'illustration est de l'auteur, qui la signe sous son nom véritable.
On peut télécharger gratuitement le volume en cliquant ICI


     « Jeannette et Gilbert marchaient en avant. Marie-Anna, escortée par Henri et Jacques, écoutait celui-ci raconter des aventures de voyage. Le temps était splendide. Les oiseaux chantaient à l'effrénée dans les feuillages. Gilbert trouvait que les bois sentaient l'amour. Penchant sa grosse tête vers Jeannette, il disait sérieusement qu'il voudrait être un pinson pour lui gazouiller de jolies choses que les hommes ne comprendraient pas. 

    Ils s'arrêtèrent en face des rapides du Saint-Maurice et s'assirent sur des roches, à l'ombre de quelques massifs.

   —Vous êtes heureux, M. de Villodin, dit Henri, de connaître tant de pays et de choses. Les livres ne nous donnent qu'un reflet bien terni du monde dans leurs descriptions tandis que les souvenirs de voyage demeurent toujours vivaces.

    —Si grand que soit votre désir de connaître le monde, répondit Jacques, soyez assuré que vous avez ici, au Canada, tout ce que la vue et l'esprit peuvent ambitionner de jouissances. Le Canada est un des plus beaux pays de la terre.

    —Vous dites cela par courtoisie, fit Jeannette de sa voix enjouée.

    —Et pourquoi pas ? répliqua Villodin. Mais la meilleure preuve que le Canada nous a conquis, Gilbert et moi, c'est que nous y prolongeons notre séjour.

    Gilbert toussa.

    —Veuillez m'écouter, poursuivit Jacques en se tournant ostensiblement vers Marie-Anna. Vous serez convaincus tout à l'heure que mon admiration n'a rien de factice… Il y a quelques jours, je m'éveillai un peu avant l'aube et malgré les efforts consciencieux de la paresse, je ne pus me rendormir. J'ouvris ma fenêtre en face du fleuve mais je demeurai surpris de ne rien voir ; le Saint-Maurice, les Laurentides, le village de Saint-Jean-des-Piles et son petit bois, tout ce panorama était noyé dans un brouillard épais, insondable. Je ne voyais pas le sol au pied du mur de ma chambre.

    Face à la fenêtre ouverte, je m'étendis sur un fauteuil et fumai ma cigarette du matin, lentement, à petit feu. Il me semblait, en fermant à demi les yeux, être perché dans une habitation aérienne bien au-dessus des hommes et voyager en pleine légende de Bretagne. Cette illusion s'effaça vite. Je pensais alors à ces jolis feuillages aux tons de rouille et d'or bruni que j'avais vus, la veille, sur le flanc de la Haute-Pile. Désireux d'en cueillir un bouquet et de fleurir ma chambre, j'achevai ma toilette et sortis.

    Le brouillard était toujours aussi intense. Cependant, je parvins à m'orienter pour gagner le pied de la montagne. Je commençai l'ascension. Je dus faire des efforts inouïs pour franchir les obstacles, des roches glissantes, d'énormes troncs d'arbres abattus par la foudre. J'étais toujours dans la brume.

    Environ à mi-hauteur de la montagne, je sortis du brouillard comme un plongeur sortirait de l'eau, brusquement. Je voyais maintenant le sommet de la Haute-Pile d'une façon distincte. Je montai lentement, et au fur et à mesure que m'élevais davantage, je me sentais envahi par une émotion grandissante, violente et délicieuse, une émotion d'extase !

    Imaginez en m'écoutant, une mer infinie et calme, d'une blancheur laiteuse, mate, sans éclat, de laquelle émergeraient ça et là, de hautes crêtes de montagnes. Le soleil dardait ses rayons les plus vifs sur cette immensité. Quelques cimes se distinguaient au loin dans l'horizon grisâtre. À mes pieds, sur les flancs de la Haute-Pile, un frisson de vent soulevait quelques vagues de cet océan de brouillard comme des frisures légères et capricieuses. Le village était submergé par la brume ; la pointe du clocher disparaissait comme le dernier mât d'un navire englouti.

    J'aspirai de toute la force de mes sens les délices de cette vue magnifique et d'instinct où je ne sais par quelle suite de réflexions intérieures, je pensai à Dieu. Ce que j'avais devant moi dépassait en grandeur tout ce que le génie humain peut concevoir et pourtant, l'homme a quelquefois effleuré la perfection dans la recherche du beau, mais je me disais qu'une puissance de conception divine pouvait seule jouer ainsi avec les éléments et en faire jaillir une pareille masse de splendeurs. Que ceux qu'un doute tourmente, que ceux qui cherchent la vérité dans la science voient ce que j'ai vu dans cette heure inoubliable et ils comprendront tout ce qu'il y a de faiblesse humaine dans leurs inquiétudes, tout ce qu'il y a de néant au fond de leurs recherches. Seul, en face du ciel et des horizons infinis, l'homme se voit plus près de Dieu et la prière l'invite. Il trouve même dans le silence qui l'entoure la paix et la sécurité nécessaires aux grands recueillements.

Dessin par l'auteur dans Marie-Anna, la Canadienne.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

    À regret, je me replongeai dans le brouillard et redescendis au village. De retour à l'hôtel, je constatai que j'avais oublié de cueillir de bouquet de feuillages qui m'avait fait sortir à cette heure matinale.

    Oh, cette matinée de la montagne ! Elle restera ineffaçablement gravée dans ma mémoire ! Je me croyais un peu blasé sur les surprises de la nature mais ce que j'ai vu au sommet de la Haute-Pile m'a fait reconnaître cette erreur. Dans aucun autre pays je n'ai été remué jusqu'au fond de l'âme par autant de beautés accumulées !

    Villodin s'était arrêté, ému par l'évocation de cette féerie de la nature canadienne, oubliant l'espace d'un instant ceux qui l'entouraient pour rappeler une fois encore devant ses yeux l'océan de brouillard et les crêtes ensoleillées ». 

Extrait de : Floris Bluther, Marie-Anna, la Canadienne, Québec, 1913, p. 72-77. 

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Un dossier de presse 
sur Fernand Baboulène : 



Dès l'année de son arrivée à Montréal, Fernand Baboulène
s'est lancé dans une activité commerciale reliées à ses talents
de décorateur. L'adresse indiquée est celle du logis qu'il avait
alors loué, rue Saint-Denis à Montréal. Cette petite annonce
est parue dans La Presse du 28 novembre 1906.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Deux mois après la parution de la petite annonce précédente, 
on constate que les affaires de Fernand Baboulène à Montréal
sont en croissance. Il se cherche dès lors un nouveau local, 
comme en témoigne cette nouvelle petite annonce parue
dans La Presse du 29 janvier 1907.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

En 1908, soit deux ans à peine après son arrivée à Montréal, Fernand Baboulène jouit d'une
reconnaissance déjà remarquable, avec le journal La Presse qui accepta d'exposer dans les 
vitrines de son siège, rue Saint-Jacques, le projet de décoration conçu par l'artiste pour
la monumentale église Saint-Jean-Baptiste, rue Rachel. 

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir ;
photo de l'église Saint-Jean-Baptiste : Musique d'orgue Québec
Article : La Presse, 18 juillet 1908 ; source : BANQ)


En 1912, Fernand Baboulène créa le cours d'arts décoratifs dans le
cadre de l'École polytechnique de Montréal, alors située rue Saint-
Denis, dans le secteur où se trouve aujourd'hui l'UQAM. Article
tiré du journal Le Canada du 28 novembre 1912. D'autres
journaux ont également souligné l'événement.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Dans Le Devoir du 27 janvier 1913, Fernand Baboulène cherche à sensibiliser  
le public à l'importance de la décoration des costumes de théâtre, un art dans
lequel lui-même était un connaisseur averti. 

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Extrait d'un article paru dans le journal Le Canada du 11 février 1913. 
Vue récente de l'ancien hôtel-de-ville de Maisonneuve, à Montréal.

(Photo :  Wikipedia ; article : BANQ)

En 1913, Fernand Baboulène contribua à la décoration intérieure du restaurant Kerhulu,
qui était fréquenté par les élites canadiennes-françaises de Montréal. Le restaurant était
situé au 1284 rue Saint-Denis (de nos jours, s'y trouve une horreur moderne). Dans cet
entrefilet paru dans La Presse du 16 mai 1913, on apprend que l'universitaire de renom
Édouard Montpetit, un habitué de la table du Kerhulu, avait pris la parole à l'occasion
du dévoilement du nouveau décor conçu par son ami Baboulène.

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir ;
sources de la photo et de l'article : BANQ)

Fernand Baboulène signe cet article fort spirituel
dans Le Nationaliste du 17 août 1913.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Dans L'Action (de Jules Fournier) du 25 octobre 1913, Fernand Baboulène
s'en prend à la laideur qui, déjà, entachait Montréal. L'article, bien entendu, 
a suscité quelques remous, mais il fut loin de choquer tout le monde car il
exprimait d'indéniables vérités. Heureux homme est Baboulène d'avoir
été épargné de la connaissance de la hideur, notamment bétonnée, que
le modernisme architectural a propagée dans la métropole du Québec.
Pour lire cet article, cliquer sur son titre : 


Dans Le Devoir du 15 novembre 1913, Fernand Baboulène signe cet 
article où il fait part de sa vision sur l'apparence esthétique de Montréal.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Article paru dans Le Canada du 6 décembre 1913 pour
souligner le premier anniversaire de la création par
Fernand Baboulène du cours d'arts décoratifs. 

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Photo accompagnant l'article ci-haut
dans Le Canada du 6 décembre 1913.


Fernand Baboulène est mentionné dans cet extrait de l'éditorial
du numéro de février 1916 de la Revue trimestrielle canadienne,
qui était alors la revue officielle de l'Université de Montréal. 
Le texte peut toutefois induire en erreur, car contrairement à
ce qu'il laisse entendre, Baboulène n'a pas joint l'armée
canadienne. Il est certes retourné en Europe en 1914, 
mais son parcours militaire reste encore nébuleux.

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Extrait d'un article de Louis Dupire dans Le Devoir du 30 août
1933, qui rappelle les repas partagés au restaurant Herhulu
par Fernand Baboulène avec l'universitaire Édouard
Montpetit et lui-même, qui était déjà alors un journaliste
en vue de Montréal. 

(Source : BANQ ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

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Quelques scènes des Grandes-Piles, 
où se déroule la trame du roman
Marie-Anna, la Canadienne
de Fernand Baboulène :

Vue aérienne des Grandes-Piles.

(Source : Municipalité des Grandes-Piles ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

Le village des Grandes-Piles vu depuis Saint-Jean-des-Piles.
Entre les deux, la rivière Saint-Maurice.

(Source : Twitter)

La rivière Saint-Maurice, vue depuis les hauteurs des Grandes-Piles. On
peut imaginer assez aisément que Fernand Baboulène soit passé par là.
Un sentier, nommé à la mémoire du père Jacques Buteux, y est de nos
jours aménagé pour les randonneurs.

(Source : Espaces.ca)

Vue de la rivière Saint-Maurice depuis l'un des caps des Grandes-Piles. 
On aperçoit au loin, à gauche, les Grandes-Piles, et en face, sur la pointe
à droite, Saint-Jean-des-Piles.

(Source : Balise Québec ; cliquer sur l'image pour l'agrandir)

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